Wwoofing

30/03/2017

Japon / Kanto / Ibaraki / Inashiki-shi / wwoofing / mars 2017

 

Rika-san nous explique les règles de la maison. Evidemment on se déchausse à l'entrée, on veille à conserver propre notre chambre ainsi que la douche réservée aux wwoofers. Pour le petit-déjeuner, on se sert comme on veut, tous les matins Okasan (la belle-mère de Rika-san) prépare une soupe miso avec les légumes de son potager, il y a toujours du riz chaud dans l'autocuiseur,  le déjeuner est servi à 11h45, le dîner à 18h30.

 

Ce matin, après notre mauvaise nuit dans l'avion, Rika-san nous propose de nous reposer. A 13h (début du travail de l'après-midi), elle nous expliquera comment ramasser les aubergines tout en taillant la plante correctement.

Nous acquiesçons et l'esprit encore brumeux, la tête dans le ... brouillard, nous allons nous reposer.

Nous sommes curieux de découvrir le lieu et la vie de nos hôtes, le trajet en voiture depuis l'aéroport nous a déjà permis d'entendre les vies de Rika-san (sa jeunesse à Kyoto, son travail en Allemagne, à New York, qu'elle a quitté après les attentats du 11.09, salary-woman à Tokyo puis le souhait de changer de vie après la catastrophe de Fukushima).

Fin de la sieste, aujourd'hui, le déjeuner sera italien et cuisiné avec les légumes de l'exploitation. Comme tout ce que nous préparera Rika-san, il est délicieux!

Finalement l'après-midi sera dédié à la cueillette des tomates. Pas compliqué : orange ou rouge homogène, on ramasse, sinon on laisse. Il suffit de briser la brindille qui porte la tomate au premier angle. Un jeu d'enfant! Ha, celles de Bruno sont trop vertes.

 

 
Les trois heures passent vite, nous avons bien fait attention à ne pas mélanger les mini-tomatos et les medium. Plus fatigués par le manque de sommeil que par le travail, nous fonçons à la douche. Brrrrrr... Il faut passer par l'extérieur pour atteindre notre douche, nous, qui venons de perdre 25°C depuis le Cambodge, grimaçons.

Néanmoins, le travail à l'air libre et la douche chaude laissent à nos corps la sensation d'une bonne fatigue.
Mais le froid s'installe à nouveau... Samui*! Samui! [=froid (pour le temps)]

La maison traditionnelle, toute en bois, est impressionnante. Tout est fin et soigné, l'autel shintoïste en bois et intégré au mur du "salon", le présentoir des katanas, les portes coulissantes en papier de riz (shōji )... Ces dernières nous causerons une sacrée frayeur. Hiyo, la fille de notre ami japonais, a décidé de réviser, dans le couloir, sa chorégraphie pour son tournoi de gymnastique... On a bien cru voir passer son pied à travers la porte. Le grand-père nous expliquera que les shōji sont anciennes et que les artisans ne les font plus de cette qualité... Oups! Gomen, gomen.

 

 
Le parquet craque sous nos pieds lorsque nous parcourons le couloir extérieur qui dessert les différentes pièces. Nous nous asseyons sur les tatamis en fibre de bambous pour glisser nos jambes sous le kotastu* [= table chauffante].
Ce dernier est vite devenu notre meilleur ami car cette maison traditionnelle a tout de même un défaut : l'isolation!
Heureusement, nos futons sont fuka-fuka* [= moelleux] et pourvus de nombreuses épaisseurs de couvertures.
Toutefois, très vite, nous prenons nos habitudes et se rassembler autour du point chaud est vite devenu un plaisir rituel.


Les gestes nécessaires à la taille des aubergines sont maintenant des automatismes. Le matin on les ramasse et l'après-midi c'est hanatori* [= enlever les fleurs].
Nous bichonnons nos aubergines. Les 6h30 de travail ne nous pèsent pas et sont ponctuées par des moments insolites et surprenants.

 

Mitsuru-san, qui ne peut passer que par le japonais approximatif de Bruno et quelques mots d'anglais pour se faire comprendre, se contente parfois de nous demander de le suivre, ce qui donne un côté mystérieux à ses interventions.
Ah! on se retrouve dans la colline derrière la maison pour découvrir une forêt de bambous où il a installé une machine, alimentée par les cosses de riz, qui sert à fabriquer un espèce d'acide qui sert à éloigner les taupes.
C'est également ici qu'il rêve de construire sa petite cabane avec cuisine extérieure, barbecue...
Les bambous sont énormes, l'endroit majestueux. Nous cherchons des takenoko* [= pousses de bambous] mais c'est encore un peu tôt.

 

Une autre fois, il faut installer une cage en fer dans la remorque du camion, puis se placer dessus pour faire le trajet. On s'arrête à un entrepôt où l'on découvre les bolides de nos hôtes (tous les 2 grands fans de motos) !

 

Alors que nous avons presque fini le hanatori* d'une allée, apparaît Mitsuru-san pour un "tetsudate kudasai*" [= veuillez m'aider s'il vous plait] et on se retrouve à couper du bois à l'aide d'une puissante machine.

 

 

Et hop, sur le tas de bois, dans la remorque pour une ballade. Nous profitons du paysage encore hivernale des rizières et collines boisées.


Comme les sept nains ,nous rentrons toujours joyeux du travail. Cela est facilité par la certitude d'un diner délicieux, chaleureux et convivial : barbecue coréen, poisson grillé, sashimi, okonomiyaki, curry japonais...

 

Mais nous aussi nous avons cuisiné! Des profiteroles! (Bon surtout Anne-Tiphaine mais Bruno est allé faire les courses).

 

Et comme une cerise sur le gâteau, nous apprenons que lors de notre jour de repos se tient dans la ville voisine un saké matsuri*   [= festival] ; des échoppes dans la rue proposent toutes sortes d'encas appétissants et bien sûr des dégustations gratuites de     saké : pas de voiture, nous irons en vélo, guidés par Mitsuru-san.

 
Cette pensée nous fait considérer la dure journée du travail de samedi comme l'effort nécessaire à la récompense. En effet, il faut remplir les sots des cosses de riz fermentées et étaler cet engrais dans les allées de la serre. Le travail est physique, le dos souffre mais plonger ses mains dans cette poudre ocre et chaude qui sent un peu le saké n'est pas désagréable. Nous prenons plaisir à travailler avec efficacité, à mériter la gentillesse de nos hôtes.

 

 

Ils n'ont pas hésité une seconde à inviter notre ami Kenichi, son père et ses deux filles pour dîner. Autour du kotastu* nous avons le sentiment de partager une soirée avec de vieux amis!

 

 
Mais revenons au beau dimanche du saké matsuri*. Takoyaki géant, dégustation de saké, mochis préparés sous nos yeux, dégustation de saké, visite d'une brasserie, qui se termine par la dégustation du produit bien-sûr...

 

Nous sommes dans l'état d'esprit idéal pour profiter du concert.
 

 

Nous ne nous perdons pas dans les rizières en rentrant (heureusement que l'on peut voir au loin dans ces paysages sans montagne), heureux et un peu tristes en pensant que bientôt il faudra dire au-revoir à nos hôtes et à nos nasus* [= aubergines]. Mais on gardera plein de souvenirs, dont la découverte d'un célèbre sanctuaire shinto et une jolie ville proche de chez eux.

 

Néanmoins, il a bien fallu partir. Alors que nous commencions à peine à bien échanger avec Otosan et Okasan (les parents de Mitusuru-san, qui nous feront des adieux touchants), alors que nous venions de rencontrer un français et une hong-kongaise (nouveaux wwoofers), alors que nous n'avions pas fini le hanatori* dans le troisième bloc, alors que nous disons maintenant au-revoir à des amis...

Merci Mitsuru-san et Rika-san

 

Hasard de la vie extraordinaire : nous recroiserons Mitsuru-san et Rika-san... En Mongolie!!

 

*samui : froid (pour le temps)

*kotastu : table chauffante

*fuka-fuka : moelleux

*hanatori : enlever les fleurs

*takenoko : pousses de bambous

*tetsudate kudasai : veuillez m'aider s'il vous plait

*matsuri : festival

*nasu : aubergine

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