Coréens, cœur sur la main (épisode 2 à Seoul)

11/10/2017

Seoul / Mai 2017       

 

Pour l'épisode 1 : ici

 

Soit, Séoul.

 


Gyeongju fut bien la capitale de la Corée  du VII au Xème siècle (sous le nom Kumsong). En effet les trois royaumes (Baekje, Koguryo, et Silla) ont été unifiés par la victoire du royaume de Silla, que les Coréens du Sud voient comme notre équivalent des Gaulois.

Néanmoins, fondée il y a deux mille ans par le royaume Paekche (oui c'est bien Baekje mais la romanisation de la langue Coréenne a récemment évolué, le b étant parfois plus proche du p et le j du ch), choisie pour devenir la capitale du Royaume lors de la période de Joseon (1392-1910), Séoul est restée depuis plus de 600 ans la capitale de la Corée. Lors de la Dynastie Joseon Séoul était alors désignée par le nom de Hanyang. Ce n’est qu’en 1945, lors de la création de la République de Corée faisant suite à l’occupation japonaise (1910-1945), que la capitale prit le nom de Séoul.

C'est aussi la troisième mégapole la plus peuplée au monde après Tokyo et Mexico, et juste devant New York.

Donc nous sommes bien dans la première ville de Corée, ce qui ne nous empêche de vous raconter... Une randonnée!

Le roi Taejo en 1396 construisit autour de la ville d'Hanyang, aujourd'hui Séoul, une muraille, longue de 18 kilomètres. La Corée est un pays de forteresse, en raison de son glorieux passé féodal, des guerres de pouvoir entre les trois royaumes, et de ses belliqueux voisins chinois et japonais. La situation géographique de la péninsule attirait en effet toutes les convoitises. La construction de la muraille de Séoul débuta en 1396, mobilisant près de deux cent mille hommes et dura 98 jours. L'édifice, d'une circonférence totale de 18 km, s'étend du mont Bugaksan, au Nord, jusqu'au mont Namsan, au Sud. La muraille comporte quatre portes principales et quatre portes secondaires disposées selon les différents points cardinaux. Ainsi les quatre grandes portes sont Sukjeongmun au Nord, Sungnyemun au Sud, Heunginjimun à l'Est et Donuimun à l'Ouest. Et les quatre petites portes sont Hyehwamun au Nord-Est, Gwanghuimun au Sud-Est, Souimun au Sud-Ouest et Changuimun au Nord-Ouest.

Si les incursions japonaises à la fin du 16ème siècle, les occupations mandchoue au 17ème siècle et japonaise au 20ème siècle et les différentes évolutions de la villes ont vu la destruction de certaines places fortes et d'une grande partie des murailles, de nombreuses randonnées permettent néanmoins de parcourir les différents monts en suivant les vestiges des anciennes protections.

Bien que nos sportifs d'amis nous aient laissés, nous décidons de ne pas nous laisser aller à la déprime post-copains (bon nous l'avons fait un jour ou deux) et de garder le rythme.

Nous commençons par une jolie ballade du marché Kwangjang et de son quartier spécialisé dans la randonnée, pour compléter notre équipement pour l'ascension du Rinjiani!

 

 

Nous  poursuivons jusqu'au sommet de la colline du parc Naksan en passant par la porte Heunginjimun. Nous nous reposons au joli café-musée du Ihwa Mural Village pour profiter du soleil couchant.

 


Le lendemain nous renouons avec l'essence défensive des murailles, en attaquant le mont Bulgugsan. Les murs ont ici quelque part gardé un peu d'authenticité en conservant un aspect très militaire.

 

En effet, c'est ici en 1968 que des agents Nord-Coréens attaquèrent la Maison Bleue (Version de la Maison Blanche en Corée du Sud) pour tenter d'assassiner le président. C'est un échec mais 99 personnes y laissèrent la vie.
Oui malgré l'armistice de 1953, aucun traité de paix n'a jamais été ratifié et les relations connaissent des hauts et des bas...

La ballade offre des vues magnifiques sur la ville, et on oublie souvent qu'à deux pas la très urbaine Séoul poursuit sa vie citadine. Bon la grisaille et la pollution  gâchent un peu les panoramas. Nous traversons des jolis potagers, et serpentons dans des petites rues de village.

 

 

Nous décidons de poursuivre la marche avec le mont Igwansan, mais soudain, la chute, les cris, les pleurs, le sang. Anne-Tiphaine a glissé du promontoire rocheux pour s'entailler le genoux.

L'articulation est encore chaude et la douleur s'estompe, nous poursuivons notre route jusqu'au métro. Nous nous arrêtons un peu hors du chemin, adossés à un joli amas rocheux. Un groupe de randonneurs nous croise, leurs visages semblent bien froids, presque grimaçants. Nous espérons ne pas nous être assis sur un site sacré, ou avoir bravé une interdiction en quittant le sentier balisé. Mais trop occupés à prendre soin de la blessée, nous ne bougeons pas.

Une dizaine de minutes après, une femme du groupe de randonneurs revient... Avec une boîte de pansements! Inquiétés par le saignement, ils ont probablement recherché un promeneur prudent disposant d'une trousse de secours, pour pouvoir nos offrir une aide.

Nous acceptons un sparadrap en rendant la boîte, encore étonnés par tant d'attentions et un peu confus d'avoir vu un reproche dans leurs visages inquiets et compatissants. Alors ne sont-ils pas trognons ces randonneurs!

Tant de gentillesse réchauffe le cœur mais nos estomacs ont également besoin de chaleur et A-T a bien mérité un remontant !

 

Anne-Tiphaine doit laisser reposer son genou. La journée à l'hôpital et au téléphone à faire le lien entre l'administration hospitalière et Intermutuel-assistance, nous apprend qu'il n'y a pas de fracture, et après débats à distance entre médecins coréens et français, le demi-plâtre condamnant les mouvements est retiré et nous quittons les lieux où nous avons passé six heures...

 


Heureusement, à l'auberge, un barbecue réuni amis coréens du gérant, et des étudiantes japonaises résidant ici pour une année scolaire.
Deux grandes bouteilles de Kass fraîches suffisent à nous faire inviter joyeusement par la troupe!
Certains des amis coréens ont pour compagne ou compagnon, des japonais! Du coup, les échanges se font autant en anglais et en coréen qu'en japonais; chacun, à tour de rôle, traduisant ce que l'autre n'a pas compris! Bruno tout heureux de pouvoir parler à nouveau un peu la langue nippone.
 

 


Ici la paix entre Corée (du Sud) et Japon (tout de même 35 ans d'occupation japonaise) se vit. Bien obligé avec tant de couples coréo-japonais autour de la table! Et avec du soju, tout le monde parle la même langue!

Nous finissons notre séjour coréen en explorant sagement notre quartier de Myeongdong, profitons des spécialités locales : poulets épicés à tremper dans le fromage, barbecue toujours accompagné des kimchi (légumes vinaigrés), pâte de poisson, petites galettes de sucre en se promenant, ou encore une crêpes fourrées au sucre et à la cannelle (hotteok).

Le couple qui tient la sympathique camionnette de hotteok ne comprend pas lorsqu'on les félicite avec nos quelques mot de coréens... Après ces trois semaines notre prononciation est encore si mauvaise!
Ouf, ils nous font comprendre qu'ils sont sourds-muets, ça tombe bien on parle mieux par geste qu'en coréen!
Ils sont gentils comme tout, et nous offre bien sûr une seconde hotteok. Nous voulions être raisonnables et s'en partager une, mais bon, c'est bon.
 

 C'est évidemment sur une note de générosité que s'achève notre périple Coréen, et comme souvent il est difficile de quitter le pays.


Comme toujours, il reste beaucoup à raconter, les palais, les temples, la cérémonie confucéenne, les légendes...
Mais tant touché par la gentillesse des coréens rencontrés, nous avons choisi cet angle pour ce premier article concernant ce pays.

Le voyage continue, non pas vers Lombok et le Rinjiani, le genou d'Anne-Tiphaine ne le permettant pas, mais vers l'île de Nusa Penida à Bali! Et bientôt les copains aux îles Gili!!

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