Hakata Dontaku

17/02/2020

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Bon, une bonne douche, un café au bar et un doliprane. Nathan ne répond pas, il doit dormir. Tant pis, je ne pourrai plus le joindre sans wifi mais j’ai rendez-vous avec une blogueuse française spécialiste de Fukuoka, alors en route.

 

Me voilà donc de retour sur le parvis de la gare qui s’est fait plus amical. Je fais la queue au stand éphémère de l’office de tourisme. Je me rends compte qu’il y a une file, presque vide devant la conseillère francophone et anglophone. Ha! Voilà la spécialiste française de la ville !

 

Charmante, disponible et très gentille, elle m’explique où me rendre pour bien profiter de la parade, me donne quelques infos sur les différents quartiers de la ville. Je lui demande un selfie pour une copine fan, elle s’amuse de ce mot la concernant et se prête gentiment au jeu !


Elle dansera elle-même demain avec sa troupe, mais je ne pourrai malheureusement pas m’y rendre, c’est à l’aéroport que je devrai aller… Mais n’y pensons pas pour l'instant ! 
 

En bonne japonaise, elle doit tout de même retourner à son travail, je salue chaleureusement Benefukuoka  et me dirige vers le point indiqué sur le dépliant.

 

 

J’ai un peu de temps devant moi, le ventre vide, et je n’ai pas encore mangé les fameux ramen au bouillon d’os de porc, spécialité de Hakata (d'où le nom des restaurants Hakata Choten à Paris, très bonnes adresses pour un ramen).

Désolé pour la narration mais je ne suis pas tombé dans le meilleur restaurant. Tout de même bon et réconfortant après la soirée d’hier, ce bol est apprécié. C’est très agréable, installé en terrasse, j’observe l’effervescence de la ville pendant ce festival. Une cliente sympa m’apporte une carafe d’eau, après avoir constaté que le serveur m’avait oublié (il faut dire que je n’avais pas remarqué que l’eau était en libre-service).

 

On remarquera dans le diaporama ci-dessus, la mascotte qui a inspiré le personnage de "One Punch Man"

 

Le ventre plein, je trouve un bout de trottoir pour regarder la parade. Assez vite je comprends mieux la tête plus ou moins encourageante de mes hôtes de Takemaru, à l’évocation de ce festival.

Ho, je ne regrette pas d’être venu, mais il est vrai que le défilé manque un peu d’authenticité, il y a bien des personnes en tenue traditionnelle, tapant en rythme leur shamogi, mais c’est aussi un gloubi-boulga, chaque banque, chaque grande entreprise, chaque association communautaire (Thaïlande, Indonésie…) chaque école de la ville, défile à son tour, 

 

Mais en faisant quelques recherches, ce côté fourre-tout est peut-être bien l’essence même de ce festival (je laisse les curieux se rendre en fin d’article)

 

Bon, je dois bouger pour ne pas que la digestion et le manque de sommeil ne me laissent endormi sur ce trottoir. Le festival est partout dans la ville, je croise une équipe de rugby, des samouraïs, des power-rangers, un démon sur un char…

Un parc s'est changé en gigantesque kermesse, les stands sont tentants...

- Des okonomiyakis sur stick!!!

Dommage, je n’ai vraiment plus d’appétit. Finalement je me laisse enthousiasmer par la belle bouillabaisse qu'est ce festival : le festival des habitants de la ville!

 

Plus ou moins consciemment, mes pas me guident vers l’auberge de jeunesse, de retour je retrouve le wifi et les messages de Nathan… Mais là c’est moi qui doit dormir. 17h30. Une sieste... Et pourquoi pas!

 

Au réveil, il faut manger. Je retrouve Nathan à un food court sur le pont près de notre hôtel.

Takoyaki, yakitori, yakisoba.. Haaa que je n’aime pas choisir ! Va pour les yakisobas (nouilles sur teppanyaki), je n'en prends jamais : le changement c'est maintenant! Et bien sûr après deux bouchées je regrette,  fin de service, des bouts de viandes gras, le plat tout juste tiède, c'est un peu écœurant.  Je lorgne sur les brochettes de Nathan,  pris de pitié, il m’en offre une.

 

 

En remerciement je l’emmène au quartier/centre commercial de Canal City, sur les traces d’un premier séjour dans cette ville, remontant à deux ans en arrière. C’était alors un spectacle son, lumière et jeux d’eau célébrant One Piece qui était proposé, comme des enfants, les yeux rivés sur les façades servant de toile de projection, nous avions profité du spectacle avec nos yeux d'enfants. 

 

Aujourd’hui c'est interactif! Godzilla, monstrueux lézard qui adore apparaître régulièrement à Tokyo pour montrer que les normes draconiennes japonaises anti-sismiques ne l'empêche pas de faire tomber les gratte-ciel comme des dominos, est de retour! Et il est énervé. 

Tous ensemble, à coups de "scroll" sur l'écran de nos téléphones, nous bombardons la  bête de missiles! 

 

Après deux défaites, nous abandonnons. La soirée d’hier a laissé des traces, et Godzilla nous renvoie clairement au lit.

 

A nouveau des adieux, de vrais, décidément.

 

Non non pas toi, Japon. Non, toi, juste un au revoir.

 

 

Une question, un mot gentil, n'hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous, cela fait plaisir d'être lu. 

 

Les habitants de Hakata revêtent des habits incroyables pour défiler dans les rues en claquant en rythme des shamoji ou pour entamer des quadrilles dans différents quartiers de la ville. Le shamoji est une sorte de cuiller en bois utilisée pour servir le riz. Elle évoque l'image de la femme au foyer, occupée à préparer le repas mais sortant en coup de vent pour rejoindre la parade passant devant sa maison. Le défilé présente aussi des véhicules richement décorés appelés hana jidosha. Parmi les festivals se déroulant pendant la Golden Week (une suite de jours fériés entre la fin avril et le début mai), Hakata Dontaku attire le plus de visiteurs avec quelque 2 millions de personnes qui s'y pressent chaque année. Tout le monde est le bienvenu, aussi n'hésitez pas à vous joindre à la ronde !

Le terme de Dontaku est dérivé du mot néerlandais Zondag qui signifie "dimanche" ou "jour férié". Cette fête date en fait de 1179 comme partie intégrante des festivités de Nouvel An connue sous le nom de matsubayashi. A l'époque d'Edo, elle a évolué pour devenir un défilé mené par des gens habillés comme des divinités bienfaitrices pour aller rendre leurs hommages aux seigneurs du château de Fukuoka. Ce défilé était alors appelé Torimon. Le gouvernement de Meiji l'ayant interdit à cause de son extravagance, les habitants de la ville ont réagi en le renommant Dontaku afin de préserver leurs traditions. Ce défilé a été interrompu pendant la deuxième guerre mondiale mais a été rétabli peu après pour ramener de la vie dans la ville et contribuer ainsi à son rajeunissement. C'est à proprement parler un festival de citoyens. Aujourd'hui, son nom a encore été modifié pour devenir le festival Dontaku du port de Hakata car de nombreux événements se déroulent autour de cette zone.

 

 

 

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