Easy riders

06/03/2017

Vietnam & Cambodge / février 2017

 

Les mamans et papas, on prend le temps de s'asseoir et de se détendre.
Bon soyons précis sur la sémantique, on n'a pas menti, on a omis. C'est vrai, vous n'avez jamais directement posé la question.
On a alors préféré vous éviter de nouvelles inquiétudes et attendre que tout ce soit bien fini (et tout s'est bien fini !).

 

 


Décrire par des mots, de belles phrases l'état d'esprit d'un biker est illusoire. Une fois lancé sur la route, on sait qu'on est biker, et même qu'on nait biker. On prend conscience de sa nature profonde, l'instinct sauvage. La moto est un prolongement de sa propre volonté...


 

 

Bon déjà,  acheter une moto sans avoir aucune connaissance en mécanique... heureusement qu'il y avait un gentil voisin et les tontons pour vérifier l'engin!! Mais Arthuro, le backpacker mexicain, nous a vendu une bonne moto! (Sur la photo, elle a déjà ses nouveaux amortisseurs)

 


 

 Plus qu'à charger les 4 sacs, les ficeler comme il faut sur le rack arrière, en se disant que si les vietnamiens arrivent à monter à 4 sur un scooter tout en transportant un sommier et une gazinière, on devrait y arriver...



Bruno a eu son premier scooter à 21 ans à Nice pour aller de la fac de math à celle de philo; quelques mois après le scooter a été volé. Plus de deux roues, plus de philo.
Pas le temps d'apprendre à faire des "lév" sur la prom'. Autant dire qu'il est loin de ne craindre personne en Harley Davidson.
Mais cela semblait une bonne idée de traverser à moto le delta du Mékong depuis Saïgon (HCMC) jusqu'à Phnom Penh!
Tout de même, une initiation théorique par Yannick et deux heures de cours de moto en France avant de partir pour se donner bonne conscience.

 

Donc nous voilà tous les deux, cherchant notre équilibre avec notre chargement, gérant avec une patte d'ours embrayage et accélérateur. Il est 16h, tout Saïgon est sur son scooter, et chacun roule où il veut, comme il veut dans un joyeux bordel.

 

Concentration, chaleur, pots d'échappements, surtout ne pas exprimer à voix haute ses doutes et inquiétudes. Tout va bien, tout est sous contrôle. Caler dans le rond-point au moment de prendre la sortie était prévu. Mais l'eau de la rivière coule autour du rocher, et le flux de véhicules nous accepte et s'adapte.

Tout de même se retrouver si souvent à accélérer au point mort, en pleine intersection, et se retrouver comme un poisson sur le sol, toute l'humilité de Bruno ne suffit plus : "Mais p;%*!@+ c'est pas possible d'être si mauvais!"

 

On s'arrête et heureusement un ange gardien (il y a toujours eu un mécano pas loin au moindre soucis) confirme le problème. De bonne foi, Arthuro a bien fait réparer la boîte de vitesse qui ne permettait plus de rouler en troisième, en revanche la rétrogradation saute maintenant la seconde et passe au point mort!

Mais en langage des signes nous comprenons que le mécano nous dit de faire avec car la réparation pourrait être longue et coûteuse... ce sera donc 4;3;0;2 ! Et en effet, on s'y fait.

 

Les kilomètres défilant, la moto et ses passagers apprennent à se faire confiance, à s'apprivoiser.

Nous devenons des experts en ficelage de sacs à dos et une généreuse donation nous équipe de jolis sacs de riz pour protéger nos sacs et éviter de laisser trainer les sangles.

 

 

 

 

 

Certaines actions ne sont toujours pas un plaisir, comme devoir prendre l'autoroute à contresens... En effet, devant un péage, un monsieur en uniforme nous explique que les motos ne sont pas autorisées au-delà, et nous finissons par comprendre qu'il nous demande de prendre l'autoroute à contre sens, en se signalant par deux coups de klaxon, puis de reprendre un peu plus loin dans le bon sens... Les camions sont déjà peu rassurants quand on est d'accord sur le sens... Pas le choix, on attend une légère accalmie, on klaxonne deux fois, on serre les dents et on tente le coup!

 

Ouf! Nous voilà enfin libre et plus à l'aise, et Titine nous offre alors toute sa générosité. Les pauses sont des rencontres; les soucis mécaniques sont des échanges, des émerveillements de gentillesse, de débrouillardises, d'efficacité; le petit chemin poussiéreux est un appel à l'inattendu; la piste accidentée est une plage déserte; le chauffeur de bus qui double à contresens, te forçant à l'arrêt sur le bas côté et prendre le temps de penser une dernière fois à tes proches, est un gros c*£$!+d!

 

Oui le filtre de Titine ne fonctionne pas sur les chauffeurs de bus.
 

 


Elle nous a porté fièrement à travers le delta du Mékong, dans des petits villages où nous ne se serions jamais arrêté, sur les routes sinueuses du Bokor, à chaque point sur la carte dont l'intuition nous faisait envie (pas toujours bonne), nous a permis de nous loger en évitant les zones trop touristiques. Avec elle, nous avons traversé rivières et mers. Nous avons pris soin d'elle, nous l'avons upgradé (nouveau amortisseurs arrières flambants neufs, nouveau câble d'accélérateur, nouveau roulement à bille pour la roue avant)...

 

 
Elle nous a mené au bout de notre voyage à Phnom Penh. Et elle nous a quittés.

 

 


C'est maintenant Martin, jeune allemand fougueux et ses deux amis, qui permettront à Titine de rejoindre deux copines et de poursuivre son aventure!

 

Nos autres aventures avec Titine: https://www.vasieonsecasse.com/vietnam

 

 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload