Mangeons Manga!

10/04/2019

 

 

Ce n'est pas pour rien qu'on voit souvent une aubergine (nasu) dans le générique : nous avons mangé au Japon des aubergines marinées divinement fondantes cuisinées par Rika-san, mais aussi à Okayama, ou encore à Nagasaki dans un izakaya (izakaya : bar à tapas japonais est ce qui serait le plus proche...). De toute façon depuis notre premier woofing les aubergines seront toujours associées au japon! 

 

Ceux nés dans les années 80, ou fans de manga, connaissent peut-être celui ci-dessus. En tout cas, dans notre inconscient, il a contribué à l'excitation d'aller manger au Japon. Depuis notre plus tendre enfance, et jusqu'à aujourd'hui, nous voyons nos héros se régaler de plats japonais, et impossible d'y goûter...

 

 

 

Lucille amour et rock'n roll, oui toi aussi, oui même toi garçon virile, tu connais ! Et bien peut-être que vous aussi, vous étiez intrigués par ces drôles de crêpes (nous disait la version française) que cuisinait le père dans son restaurant, directement sur des plaques chauffantes au comptoir...

Hum hum, non non, l'action n'avait pas lieu dans le Finistère, mais à Osaka, dans le Kansai dont une des spécialité est l'Okonomiyaki, pas tout à fait une galette bretonne.

Il y a également une version différente, avec des nouilles (vidéo ci-dessous), dans la région d'Hiroshima, les deux sont délicieuses.

 

Mais le premier ravissement a eu lieu à Kyoto en 2015, à Arashiyama, après une courte randonnée pour rendre visite aux macaques, l'appétit bien ouvert, nous nous régalons de notre premier véritable okonomiyaki, un grand moment.

Difficile de faire mieux... Quoi que. Dans un manga, le duel aurait été épique entre ce chef de Kyoto, et celui de Himeji que nous rencontrons deux ans plus tard : les juges auraient bien été incapables de les départager.

 

Deux ans sont donc passés, et nous voici à Himeji, l'hôte très agréable de notre guesthouse nous indique son restaurant préféré, cela vaut mieux que les recommandations du lonely planet..
Nous écartons les noren (rideaux courts traditionnels accrochées à l'entrée des restaurants) et un sympathique et fringuant grand-père, nous offre un spectacle. Les gestes précis de préparation ont tout l'air d'un rituel sacré, puis les spatules s'emballent, et rythment leur danse par le bruit de leurs entrechocs. Umaiii !!

 

(photo de celui cuisiné par Rikasan pendant le woofing)

 

 


Mais revenons aux mangas, qui n'ont pas besoin d'avoir comme thème principal la nourriture, pour qu' elle trouve une place importante.

Peut-être encore plus que les français, les japonais sont immergés dans la cuisine, la gastronomie. Cela fait tout simplement partie de la culture, du quotidien, et il y a toujours tant d'application, tant de plaisir à la perfection que tout en devient un peu mystique et magique.

 

Pour les fans de mangas, j'y reviens, mais qui n'a pas rêvé en regardant One Piece de manger les takoyakis préparés par Hachi, l'homme poulpe qui cuisine des boulettes de poulpe! Et goûter la cuisine de Sanji, probalement une fusion réussie entre la cuisine française et japonaise...
 

(Info : les takoyakis sont également une spécialité d'Osaka, mais qu'on peut retrouver dans tout le Japon et à Paris! On en avait mangé un géant au saké matsuri d'Ibaraki lors de notre woofing )


Qui n'a pas rêvé de s'asseoir à côté de Naruto pour déguster un bol de ramen chez Ichiraku ? Sûr de s'y sentir comme à la maison.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En parlant de Naruto, Il me revient ainsi une soirée à Okayama. Dans notre troisième mois de voyage, le besoin de se poser quelques jours s'est fait sentir dans cette petite ville sur notre route vers Onomichi et le Shimanami Kaido. Enfin bref, notre ami japonais Kenichi, nous prévient : aujourd'hui, c'est tout de même un événement au Japon, le dernier épisode de Naruto est diffusé sur la chaîne principale TV Tokyo. Ah crotte, notre appartement est parfait, tatami, futon moelleux, mais nous n'avons pas de télé.

 

 

 

Tant pis, on va se consoler en nous rendant au restaurant indiquée par notre hôte. Hum cela sent déjà bon aux abords du restaurant. Nous entrons dans un yakitori des plus sympathiques, décor et ambiance simple et traditionnels et entreprise familiale. Un couple s'active en cuisine tout en supervisant les devoirs de leur fils. (yakitori:littéralement =poulet grillé).

 

Nous nous installons au comptoir, la meilleure place dans un yakitori pour observer les petites brochettes cuire sur le mini-barbecue au feu de bois.

Pour vérifier les dires de notre ami, nous amorçons la discussion autour de Naruto... Oui bien sûr ils vont le diffuser sur la petite télé en coin, et dans un mélange de japonais et d'anglais, chacun faisant des efforts pour comprendre l'autre, comme des enfants qui font connaissance dans la cours de récré nous échangeons sur le célèbre manga. Bien sûr qu'ils connaissent et qu'ils regardent, les enfants aussi. La cérémonie de mariage à l'écran, nous discutons des personnages, Kakashi fait l'unanimité... Le fils lève la tête de ses devoirs et pratique son anglais pour tester nos connaissances en manga.

Nous nous sentons bien ici, chaleur humaine, odeur de feu de bois, nous demandons conseils pour commander et finalement on choisit,... Presque tout... Ho ça va, ces brochettes sont si petites !

Accompagnées d'une bière fraîche, c'est un régal. Ho c'est trop bon !Le poulet est fondant, les champignons sont moelleux et plein de goût. Poireaux, foies, cœurs, cartilages, tout y passe. Tout est bon dans le poulet ! Ces mets sont délicats, c'est un plaisir pour tous les sens, le léger grésillement de la cuisson, observer la préparation des brochettes par le chef, son sourire ravi de nous voir nous régaler, les odeurs qui emplissent nos narines, et nos papilles qui exultent !

 

 

La restauratrice, Narumi, nous offre des brochettes de shiitakes, puis son mari de l'aubergine marinée, nous nous régalons, un petit saut à la maison pour leur rapporter un sachet de douceurs françaises que nous avions prévu comme cadeau pour nos hôtes le long du trajet.

Ils sont touchés, on échange nos facebook, et encore aujourd'hui nous suivons la carrière de baseball en devenir du fils cadet !

Nous allons nous coucher heureux, en sachant où nous dînerons demain.

 

A l'inverse de cette ambiance chaleureuse, il y a Ichiran Ramen ! A Fukuoka, tout heureux de découvrir cette célèbre enseigne de ramen dans la ville qui l'a vu naître, nous nous y rendons avec Charlotte et Julien...

 

Pour découvrir que nous mangerons chacun dans un un espace individuel, séparé de nos voisins par des petits volets ; on écrit notre commande sur un bout de papier, on appuie sur une p'tite sonnette, et un rideau laisse passer une main devant nous qui s'en empare! Quelques minutes après, le même rideau laisse passer un bol de ramen fumant !

 

On se régale mais pour la convivialité, c'est raté.

 

 

Pour l'anecdote, c'est à Bushwick que nous visitions pour le street art que nous avons à nouveau manger dans cette chaîne!  

 

 

 

On avait préféré l'ambiance chaleureuse, quand Rika-san et Mitsuru-san nous avaient invités à Dosanko Ramen, une autre célèbre enseigne de ramen.

 

Chaque région a ses ramens. Très typiques les tonkotsu ramen de Kyushu sont clèbres pour l'odeur de bouillon d'os de porc se fait sentir depuis la rue.

Ou encore à Onomichi, avec le bouillon de poisson iriko à la sauce soja. (Quant à l'okonomiyaki, on l'appelle ici onomochiyaki.  )

 

Haaaaaaaaaaaaaaaa, c'est sans fin.. N'hésitez pas à compléter l'article avec vos propres références Manga/Manger! 

 

 

Et à voir sur Netflix, les séries importées du Japon, l'impression est confirmée, la gastronomie, c'est la vie!
 

Par exemples :

 

- Tokyo midnight stories : les vies des clients d'une restaurant qui ouvre à minuit pour les noctambules, et qui sert ce que les clients lui demande dans la limite de ses produits.

 

 


- Samurai gourmet : l'histoire d'un homme qui profite de sa retraite, à l'aide de l'esprit d'un samouraï, pour briser certains codes et surtout se régaler et boire une bière fraîche tranquillement.

 

 

Et la littérature aussi confirme la relation fusionnelle entre culture et gastronomie. Les romans de Murakami montrent la présence en filigrane de cet art de manger, les Années Douces de Hiromi Kawakami, vous donneront l'envie irrésistible d'écarter les noren des izakayas.

 

Manger c'est décidément un peu plus que de se nourrir.

 

Gochisoo sama deshita! 

 

 

→ pour d'autres aventures pas nécessairement culinaires, mais vous l'avez compris, ici, elles le sont toujours un peu, rdv sur les articles.

 

→ pour les fans de manga : ne loupez pas (comme nous) le musée Ghibli, la One Piece Tower à Tokyo, et à Kyoto le musée du manga.

 N'hésitez pas à compléter l'article en commentant ci-dessous, avec vos propres références Manga/Manger! 

 

→  Et bien sûr si cela vous a plu, si vous avez une question, une remarque, laissez nous un message ci-dessous (sur ordi, la boîte peut ne pas apparaître sur tél...), cela nous fera plaisir!

 

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